Ouverture Festival Lumière 2009 - The Thierry Frémaux's Show

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Thorn
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Ouverture Festival Lumière 2009 - The Thierry Frémaux's Show

Messagepar Thorn » 14 Oct 2009 14:45

Cérémonie d'ouverture du Festival Lumière 2009
ou The « Thierry Frémaux's Show »





Hier s’est enfin déroulée la cérémonie d’ouverture du Festival Lumière 2009.

Comme tout « professionnel » du cinéma du coin, je me devais d’y être présent. Après avoir bondit tous les matins sur mon courrier dans l’espoir de recevoir une invitation, je me suis décidé à acheter un billet d’entrée…

20h00. Je pars du bureau, accompagné de mon collègue dont je tairais le nom pour préserver son anonymat. Nous l’appellerons Guido. Dehors il fait frais, mais le cœur chaud, nous nous enfonçons dans les méandres du métro lyonnais pour rejoindre la « Halle Tony Garnier », lieu où devrait se dérouler la fameuse cérémonie d’ouverture. Tel des groupies, nous espérons secrètement que Clint Eastwood, le parrain de cette première édition, soit présent.

Dans le métro, nous croisons le journaliste Vincent Raymond des Tribunes de Lyon qui se rend lui aussi à la cérémonie. Un peu comme presque tout le monde quoi… Je lui pose quelques questions sur ce qui sait de la cérémonie, mais il ne semble pas plus au courant que moi… Je suis curieux de lire l’article qu’il fera (s’il en fait un) de cette soirée.

20h15. Après une quinzaine de minutes de métro, nous marchons jusqu’à la Halle. Un peu de monde dehors, un barrage de sécurité, nous montrons nos sac fermés, nos billets, c’est bon, on peut passer. Et oui, pour cette soirée, pas d’accréditation VIP possible, même pour notre ami journaliste. Chacun son billet, même si le sien possède une étrange pastille bleue collée à même le papier.

Nous entrons dans le hall du vaste bâtiment. Un second barrage pour vérifier nos billets. Un stand de beignets-crêpes-Nutella désert, un stand de jolis tee-shirt-casquette-bols-stylos et bibelots en tous genre à l’effigie du festival, et nous voilà arrivés devant les gradins. Un grand écran, accompagné de quelques petits drapés rouges, surplombe une scène, face à une salle…Pleine ! Je ne sais pas quelle est la capacité de la « Halle Tony Garnier », mais je dirais qu’il doit être présent environ 4 000 personnes.

Troisième et dernier barrage, la pastille bleue de notre ami journaliste fait la différence, il est dirigé vers le parterre VIP, face à la scène. Et nous, nous sommes invités à rejoindre la « plèbe » qui s’entasse, en haut des gradins, à plusieurs dizaines de mètre de l’écran. Bon je fais genre que je préfère rejoindre le vrai public plutôt que les « privilégiés », en bas. Mais comme personne ne me regarde, je prends sur moi, tentant de trouver du regard, parmi les gradins bondés, deux places potentiellement contiguës, pour ne pas être séparé de Guido et me retrouver définitivement seul. Guido, pour sa part, ne semble pas gêné de me laissé seul…

20h26. Installés sur nos fauteuils de bois, nous scrutons, au loin, les quelques flashs qui fusent devant la scène. Trop loin pour distinguer ce qui suscite autant l’attrait des photographes. Un star ? Un élu ?

Je fais un tour d’horizon de l’installation. Bon, mise à part l’écran, les rideaux rouges, il n’y a pas grand chose qui habille la salle. Nous aurions pu assister à une conférence sur les techniques de développement de l’agroalimentaire en Bolivie ou l’assemblée général de l’association des joueurs d’échecs myopes, cela ne m’aurait pas étonné. Quoi que plus de 4 000 myopes réunis ici, cela aurait été surprenant quand même…

J’ai fais mon flémard. Je n’ai pas de bloc-note ni de stylo pour prendre des notes. Tant pis, je ferais appel à ma mémoire pour rédiger mon compte rendu espérant que le lecteur me pardonne mes omissions ou mes inversions…

20h38. Enfin, ça commence. Quelques personnes restent debout n’ayant pas trouvé de place. La lumière tombe, l’écran s’éclaire sur un fond… Noir. L’une des compositions d’Ennio Morricone (dont j’ai complètement zappé le titre depuis hier) grandit lentement dans la salle. L’acoustique légendaire de la « Halle Tony Garnier » est bien évidemment de la partie. De magnifique saturations viennent rajouter un petit côté « artisanale » à la voix mélodieuse de l’interprétation. Et, sur l’écran noir, commence à naître la photo du maître : Sergio Leone, progressivement, en un fondu presque calé sur le rythme de la musique.

Au début, on croit un peu à un problème d’affichage ou de Power Point. L’image apparaît lentement, et il ne semble rien se passer. Tout le monde attend qu’il se arrive quelque chose, que cela s’anime. Puis, au bout de trois ou quatre bonnes minutes… C’est fini... Heu… Quelle belle intro…

Thierry Frémaux, LE maître de cérémonie entre sur scène, sous les applaudissements de la foule avide de rentrer en communion avec lui. Petit regard complice au parterre d’invité face à lui, coup d’œil circulaire à la salle, tel un show-man, il lance la cérémonie.

Une poursuite est braquée sur lui, l’écran géant renvoie son image à toute la salle. Très vite, le ton est donné : l’humour. Thierry Frémaux demande au public d’applaudir les politiques qui ne feront pas de longs discours de remerciements à tous les financeurs. J’avoue que je n’en étais pas mécontent, même si j’aurais bien aimé entendre quelques élus… Mais Thierry Frémaux permet tout de même à Gérard Collomb (Monsieur le Maire de Lyon et Président du Grand Lyon) de le… Remercier. Une poursuite cherche le Maire de Lyon au milieux du public et on pointe la caméra dessus, comme dans les grandes cérémonies. Micro à la main Gérard Collomb remercie donc Thierry Frémaux de nous offrir ce festival. Oua, c’est beau…

Là dessus, Thierry Frémaux renchérit sur l’attente qui depuis de très nombreuses années, mine, obsède, ronge, tous nos élus. Il leur fallait, à tous, ce festival. Chercherait-il une légitimité à organiser ce festival ? Un petit problème de conscience ? Et puis, comme il le dit, c’est le Festival du Grand Lyon ! Et à Paris, ils n’ont pas de Grand Paris ! Trop fort ce Thierry !

Pas un mot sur les festivals déjà existants dans le Grand Lyon…

Maintenant, il est temps de présenter la fameuse bande annonce du festival. Thierry Frémaux s’éclipse, la lumière chute. La bande annonce défile, toujours polluée par l’acoustique de la salle, et par un mixage son un peu douteux. C’est vrai que les films présentés donnent vraiment envie. Il est beau ce Clint ! Par contre, les images caméra DV pour présenter les salles de cinéma qui accueillent le festival font un peu tâches, dans le montage, au milieu des Cinémascope de Sergio Leone…

La lumière revient. Le publique emballé applaudit chaudement. Et j’avoue que moi aussi, je suis plutôt positif.

Thierry Frémaux, dans son halo de lumière laiteux, revient sur scène. Pour saluer, tout de même, ceux qui ont mis l’argent sur la table, les fameux partenaires financiers, Thierry Frémaux propose des bandes annonces sur lesquelles défileront les logos des partenaires. Désirant jouer avec le public, Thierry Frémaux nous invite à un quizz musical. Je suis trop fort en quizz ! Guido, jouons ! Chaque bande annonce contient un thème de musique de film qu’il faut deviner. La première bande annonce, sur le thème de « Psychose », est plutôt bien foutue. Les autres, avec un bonheur moindre, fonctionnent aussi. Le public joue (moi aussi), et sur les huit bandes annonces, j’ai presque reconnu les deux tiers des thèmes. Je me vante. Mais Guido ne réagit pas à mon quasi sans faute. Il est mauvais joueur le bougre !

« Regarde la scène » me lance Guido de son œil perçant. Je me retourne alors vers le plateau car arrive l’heure « people »…

… Moment incontournable qu’il ne faut pas louper. C’est là que les politiques lâchent de l’argent. Cela fait partie du cahier des charges. Des films, c’est pas mal, la culture c’est sympathique, mais il faut des paillettes ! Ainsi, un peu comme une exhibitions, Thierry Frémaux appelle ses peoples, ses « invités » comme il dit, pour leur demander de se ranger bien en rang derrière lui, sur scène.

La musique monte (dommage que ce ne soit pas celle d’Autant en Emporte le vent !). Les caméras et une poursuite de lumière balayent le parterre VIP pour trouver les noms que Thierry Frémaux va lâcher fièrement. Dans le désordre, parmi, une bonne trentaine d’invités, le rejoignent sur scène : Claude Lelouch, Pierre Etaix, Emir Kusturica (la classe !), les frère Dardenne, Alfonso Cuaron, Asia Argento (Ahouuuuu !), Gaspar Noé, Eric Guirado (notre lyonnais !), Thierry Lhermitte, Jean-Michel Jarre, Clotilde Courau, même Laurent Gerra (il fait du cinéma lui ?), et la sublime Claudia Cardinale ! Plus pleins d’autres gens que tout le monde semble connaître sauf moi. Je surmonte ma honte et je plonge mon regard fière dans celui de Asia Argento que je ne vois même pas de toutes façons tant nous sommes loin de la scène. Mais pas de Clint Eastwood à l’horizon…

Ça sent un peu le « has been » quand même… Personne avec une actualité chaude. Mais bon, je suis mauvaise langue…

Thierry Frémaux propose une vrai fausse improvisation à ses invités. Lire ensemble un petit texte sur une feuille qu’on leur a distribué pour lancé officiellement l’ouverture du festival. Cela rend pas mal. Thierry Frémaux propose la même chose au public, avec un peu plus de difficulté. Ben oui, on est plus nombreux que sur scène, et pour le coup, c’est une vraie impro pour nous !

Les invités regagnent leur place. Et arrive l’un des moments forts et très déstabilisant de la soirée. Je me demande ce qui a bien pu passer par la tête de Thierry Frémaux pour proposer le court-métrage qu’il va diffuser maintenant. Juste avant de quitter la scène il nous demande, à nous public, de ne pas le laisser et seul et de bien faire l’effort de… Chanter… Mauvaise augure…

La salle devient noir, et voilà qu’on nous diffuse « Le coq est mort » de Zoltan Spirandelli. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le concept, je vous l’explique. Il s’agit d’un court-métrage interactif de 11 minutes. Interactif dans le sens où un type, durant tout le film, va tenter de faire chanter le public sur la chanson « Le coq est mort », en canon… Oui, je sais, c’est difficile à conceptualiser. C’est un peu comme si vous vous enregistriez avec votre caméscope en train d’essayer de faire chanter vos potes, en anticipant leurs réactions (par exemple qu’ils ne chantent pas assez fort). vu que pour le moment, vous êtes seul face à votre caméra…

Un quart de la salle joue le jeu. Le reste semble médusé. Tout comme Guido et moi. Cela aurait peut être valu le coup qu’on demande à Laurent Gerra de faire chanter le public en live, au lieu de confier cette dure mission à un film. Bon, c’est vrai qu’on se serait écarté pas mal du concept du cinéma, et que cela n’aurait peut être pas été le même prix pour la soirée… Mais bon, vu où on en était avec ce film, tout devenait permis… De toutes façons, je chante mal…

La lumière revient, Thierry Frémaux aussi, ne faisant aucun commentaire sur la prestation du public, ni sur le film qui venait d’être diffusé.

Quelques blagounettes signées Thierry Frémaux, et le voilà qu’il nous présente un pote à lui, le fameux Marc Perrone, armé de son accordéon pour nous interpréter l’une de ses compositions. Perrone commence mollement son interprétation. Ne lui laissant presque pas le temps de la finir, Le maître de cérémonie revient sur scène. Bravo, on l’applaudit bien fort, on passe à la suite. Remarque, Thierry Frémaux a bien fait de l’arrêter, c’était très… Comment dire… De toutes façons, je ne suis pas sensible à l’accordéon...

21h40. Vient enfin le moment tant attendu. La projection des films Lumière restaurés. Superbe mise en scène autour de Thierry Frémaux. Sur scène, celui-ci s’installe sur une chaise, (enfin s’installe… S’avachit), micro à la main. La scène est noire. Seul un halo doré caresse les pourtours du maître de cérémonie. On a permet à Marc Perrone de rester sur scène avec son accordéon (problème logistique ?). Thierry lui autorisera, de temps en temps, à balancer quelques notes sur les films muets que nous allons découvrir.

La projection commence. Les films s’enchaînent, commentés par Thierry Frémaux, tantôt didactique, tantôt super blagueur. Bon, c’est un peu la même blague tout le temps qui consiste à se moquer gentiment des figurants qui en font des tonnes pour bien qu’on les remarquent sur le film. Un film, c’est drôle, deux films, c’est sympa, mais u bout de 40 films, la boutade use un peu… Heureusement, Thierry Frémaux sait saupoudrer ses commentaires, un brin racoleurs, d’explications très intéressantes qui, il faut bien l’avouer, m’ont tenue en haleine jusqu’au bout de la projection. Le choix des films était judicieux, le montage cohérent, les thèmes abordés, enrichissants. Sur ce coup, j’adhère.

En guise de cadeau, des films inédits, les vraies expérimentations 3D des frères Lumières (James Cameron fait tout de suite moins novateur) et les images poétiques de films tournés en couleurs par les frères Lumières à la fin du XVIIIème siècle. Simplement magique. Petit sourire avec un dernier film, une nouvelle sortie des usines Lumière, tournée avec la caméra des frères Lumière, il y a quelques années…

A elle seule, il faut bien l’avouer, cette projection valait la peine de traverser toute cette cérémonie d’ouverture.

22h40. La lumière revient, Thierry Frémaux se lève pour remercier ses invités, ses partenaires, pendant qui Guido et moi nous filons au plus vite afin de ne pas se retrouver dans le flots des milliers de spectateurs qui étaient présents ce soir. Et puis, j’ai un bus à prendre…

Pour résumer, ce fût une soirée mitigée avec un arrière goût de fond de tiroir. Mise à part la projection, pas grand chose de magique, qui fait rêver. C’était sobre, voir gris. Ce soir, Thierry Frémaux était le roi, mais le roi d’une cérémonie un peu terne, rien de magique. On est bien loin du faste Cannois qui fait rêver, même si l’on reconnaît ses excès.

Ce n’est pas parce qu’on parle de films du patrimoine, que l’on doit forcément se recouvrir de poussière…

Thierry Frémaux désirait son Festival de Cannes à Lyon, il a fait un Festival de Lyon, à Lyon.

Bon, j’ai acheté des places pour aller voir des film. Clint, me voilà !!!
Modifié en dernier par Thorn le 21 Oct 2009 14:35, modifié 3 fois.

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Messagepar Thorn » 14 Oct 2009 17:15

Le site du Festival Lumière 2009 :
http://www.lumiere2009.org/

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Messagepar Thorn » 14 Oct 2009 17:20


"La halle Tony Garnier" bondée - © Ariane Mestre


Thierry Frémaux - © Jean Luc Mège


Nos gentils people qui déclament à l'unisson l'ouverture du festival - © Ariane Mestre

Sources des photos :
http://www.lumiere2009.org/fr/accueil/ouverture.html

Guido
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Messagepar Guido » 15 Oct 2009 09:47

Plutôt la fin du XIXeme siècle, pour les images couleurs...

Sinon, ça ressemble beaucoup à la soirée à laquelle j'étais aller avec un certain ... Thorn ! 8)

Mais à part cette cérémonie d'ouverture un peu fade à 10 euros, il y a quand même beaucoup de très bons films à voir !

Et déjà beaucoup de séances sont complètes....

?... !

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Thorn
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Messagepar Thorn » 15 Oct 2009 09:49

Je me suis toujours mélangé dans ces chiffres romains ! Bien évidement, il s'agit de la fin du 19ème siècle ! :wink:

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Messagepar Fab » 15 Oct 2009 10:23

Fabrice Lang, Photographe de plateau.
www.flang-photo.com


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