France Télévisions se met au régime

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Thorn
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France Télévisions se met au régime

Messagepar Thorn » 27 Sep 2012 10:48

France Télévisions se met au régime

Le Point.fr - 25.09.2012

Le groupe public, dont le budget va être terriblement amputé par le gouvernement, se prépare à de gros sacrifices.

Du sang, des larmes et beaucoup de redifs, c'est en quelque sorte la feuille de route assignée à Rémy Pflimlin par le gouvernement. Le P-DG de France Télévisions a été informé que les coupes budgétaires exigées seraient importantes, obligeant le mastodonte aux 10 000 salariés à se mettre au régime. Lors de son rendez-vous avec François Hollande, au cours duquel il a plaidé la clémence budgétaire, il n'a pas été entendu. France Télévisions se voit imposer l'austérité pour 2013.

Premier poste visé : la masse salariale. L'hypothèse d'un plan social est écartée, mais le plan de départs volontaires (prévu pour 900 postes) qui devait s'achever en 2012 sera prolongé. C'est ce qu'a indiqué Rémy Pflimlin dans un mail interne adressé au personnel mardi matin.


Des programmes bazardés à 1 heure du matin

Les producteurs d'oeuvres patrimoniales (fiction, documentaire, animation, spectacle vivant) seront les seconds à payer l'addition. Ils avaient obtenu un accord très favorable contraignant France Télévisions à dépenser chaque année, à compter de 2012, la somme faramineuse de 420 millions d'euros en leur faveur. Rémy Pflimlin a bien l'intention de sortir de cet accord négocié en valeur pour revenir à un effort proportionnel aux moyens de l'entreprise. Plus question de payer plein pot alors que les recettes publicitaires s'effondrent (un manque à gagner de 50 millions d'euros est prévu à la fin de l'année) et que l'État diminue sensiblement sa dotation à France Télévisions (on parle de 150 millions d'euros en moins, a minima). Bien entendu, c'est tout le tissu de la création audiovisuelle - financée à 60 % par le seul groupe France Télévisions - qui encaissera le choc.

Précisons que la captation d'opéras, de ballets et de pièces de théâtre fait partie de cette enveloppe de 420 millions d'euros. Une captation coûte entre 90 000 et 150 000 euros. Que deviennent ces programmes ? Diffusés - "bazardés" - à plus de 1 heure du matin sur France 2 les lundis... Prenons le dernier exemple en date : l'opéra Werther, enregistré à Bastille et diffusé le lundi 17 septembre, a été vu par... 59 000 insomniaques. Un gâchis terrifiant qui se reproduit semaine après semaine. On fait jouer à France Télévisions le rôle de banquier complémentaire de la création lyrique. Ce n'est plus possible et ça n'est pas logique quand, dans le Paf, il existe Arte, une chaîne financée par le contribuable, qui diffuse de l'opéra à des heures de grande écoute.


Pflimlin : "France 3 n'est pas un problème"

Le P-DG de France Télévisions a commencé à serrer la vis dès la fin du premier trimestre, mais il est un sujet tabou auquel il ne veut pas s'attaquer : France 3. Pour lui, la chaîne "n'est pas un problème, mais un atout". En fait, ça dépend de l'antenne. Les attaches alsaciennes de Rémy Pflimlin pèsent sans doute dans sa défense du régionalisme audiovisuel. De fait, France 3 marche très bien dans les régions où l'attachement à une identité locale est fort (Corse, Pays basque, Bretagne, Alsace...). En revanche, il y a des zones, comme l'Ile-de-France, où nos compatriotes ressentent moins la nécessité d'une chaîne revendiquant leur identité... Pour faire face à la pénurie des deniers publics, faut-il fermer les locales où les besoins de la population sont faibles ? Rémy Pflimlin le dit assez clairement : il ne sera pas cet homme-là. Néanmoins, les économies ont commencé par la fermeture programmée de certaines locales à la Toussaint (une semaine) et à Noël (deux semaines) comme au sein du pôle sud-ouest de France 3. Rémy Pflimlin a précisé, mardi, devant les députés, que cette fermeture temporaire permettait une économie de 700 000 euros.

Son plan de fusion des rédactions entre France 2 et France 3 permettra, sans doute, quelques synergies. Au lieu d'envoyer deux équipes couvrir une prise de parole d'un ministre, une seule suffira. La mutualisation a commencé. Peut-on vraiment en attendre des économies ? Il y a sans doute plus à gagner s'agissant de la facture de télédiffusion réglée par le groupe. TDF a obtenu de nombreux pylônes et pratique auprès de France Télévisions des prix bien supérieurs à ceux acquittés par TF1 et M6. Rémy Pflimlin promet d'âpres négociations avec les prestataires du service public. Qu'il commence donc par lancer les appels d'offres sur les pylônes attribués à TDF sans mise en concurrence...

Par Emmanuel Berretta


Source :
http://www.lepoint.fr/

Article original :
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-p ... 997_52.php

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