Financement du cinéma : arrêtons de nous faire des films!

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Thorn
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Financement du cinéma : arrêtons de nous faire des films!

Messagepar Thorn » 23 Jan 2013 10:36

Financement du cinéma : arrêtons de nous faire des films !

nouvelobs.com - 22/01/13

Organisées à la demande d'Aurélie Filippetti, les "Assises du cinéma" s'ouvrent ce mercredi 23 janvier. Notre système de financement du septième art doit-il changer ? Nelly Fesseau et Philippe Berrée, respectivement coordonnatrice du pôle culture et expert de Terra Nova, font le point et lancent quelques pistes de réflexions.

À la suite de la polémique de décembre 2012 sur la rémunération de certains acteurs et sur le mode de financement du cinéma français, la ministre de la Culture et de la Communication a demandé au CNC d’organiser des "Assises du financement du cinéma" ce mercredi 23 janvier.

L’objet de ces assises est de permettre aux différents acteurs de partager un diagnostic sur le financement du cinéma et "éventuellement d’apporter des améliorations". Éventuellement, car, en réalité, le cinéma français se porte bien et cela, en grande partie, grâce à son modèle de financement.


La création française reste dynamique

En dépit d’un contexte concurrentiel fort, marqué par la prépondérance du cinéma américain, la création française reste dynamique avec plus de 180 nouveaux films produits chaque année sur la période 2002-2011.

En 2010, les films d’initiative française ont représenté 17 % des 1.218 longs métrages européens produits. La fréquentation se porte bien également : les productions françaises ont enregistré 40% des entrées en salle en 2011, soit près de 90 millions d’entrées.

À titre de comparaison, les films allemands ont représenté 22% des entrées dans les salles de cinéma en 2011 en Allemagne, troisième marché de l’Union Européenne. Mieux encore, le cinéma français a concentré au minimum 35% environ des recettes en salles depuis dix ans, alors que la production de films d’initiative française a représenté moins d’un tiers de l’offre cinématographique sur la même période.


Un système de financement solidaire

Et ces statistiques ne font pas état des recettes générées par l’exploitation vidéo et télévisuelle domestique ou l’exportation des films français ! Les films à gros budget existent, mais ils n’empêchent pas toute forme de création, bien au contraire.

Par la mise en place d’un système original de financement solidaire du secteur du cinéma, la France permet aux producteurs indépendants de bénéficier des succès en salles : le soutien du CNC à la production cinématographique provient notamment d’une taxe de 10,7% prélevée sur chaque ticket d’entrée.

Ainsi, les productions "performantes", particulièrement les blockbusters américains, servent à financer notamment les films d’auteur tant français qu’européens ou des pays émergents, au succès aléatoire.

Parallèlement, les chaînes de télévision doivent également s’acquitter d’obligations de contribution à la production, sous forme de préachat de droits de diffusion en exclusivité des œuvres françaises et européennes principalement. C’est cela "l’exception culturelle française" !


Pour une exploitation homogène des films

Toutefois, cela n’interdit pas d’apporter des innovations pour améliorer la diffusion des œuvres françaises. Il importe en particulier de garantir la diversité de la création et de l’offre.

Or, l’offre cinématographique est extrêmement concentrée : 5% des films ont représenté 25% des copies disponibles en 2011, donc de l’offre proposée au spectateur, avec pour conséquence que les 100 films ayant rencontré le plus de succès, soit un sixième de l’offre, ont représenté 75% des entrées en salle.

Dans le même temps, 23% des films sont sortis sur moins de 10 copies. Pourquoi ne pas envisager une limitation du nombre de copies pour les grosses productions, de façon à éviter qu’elles n’écrasent toutes les autres, tout en veillant à leur exploitation homogène sur l’ensemble du territoire ?

Si l’exploitation primaire des films dans les salles de cinéma doit être préservée, pourquoi ne pas alléger encore les contraintes pesant sur les chaînes de télévision généralistes nationales, y compris de la TNT, concernant la diffusion de films français inédits en première et deuxième partie de soirée, à condition qu’elles profitent en priorité aux films au budget moyen (inférieur à 7 M€), de façon à accroître leur exposition ?

Ceci implique néanmoins d’imposer en amont des contraintes d’investissements plus diversifiés, au profit de cette catégorie de films, et de mettre fin aux pratiques de préachats groupés.


Monétiser une nouvelle audience

Enfin, alors que la consommation légale de films à la demande augmente, il importe de monétiser cette nouvelle audience en très forte croissance, en mettant à contribution les opérateurs numériques nationaux et internationaux aux ressources publicitaires gigantesques.

La liberté d’établissement et de prestation de services consacrée par le droit européen ne doit pas conduire à favoriser les stratégies d’évitement de la fiscalité nationale, sauf à mettre en place un système de péréquation à l’échelle du marché unique ou à envisager l’application d’un principe d’extra-territorialité fiscale.

C’est à ce prix que nous préserverons la production cinématographique française et européenne, qui symbolise "l’exception culturelle" de notre continent !


Source :
http://leplus.nouvelobs.com/

Article original :
http://leplus.nouvelobs.com/contributio ... films.html

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