Source :
Le Monde.fr
08.04.08
http://www.lemonde.fr/cinema/infographi ... _3476.html
Selon le CNC, 2008 est donc une "année atypique" dans la mesure où trois films très chers gonflent les chiffres globaux, avec des devis supérieurs à 40 millions d'euros, dont deux au dessus de 60 M EUR.
Le moyen métrage, un format libre
Les moyens métrages, d’une durée de 30 à 60 minutes, sont le support privilégié des débuts du cinéma et un moyen d’expression choisi par de grands cinéastes.
Si le court-métrage renaît depuis maintenant une vingtaine d’années, en partie grâce à la création de festivals consacrés à ce format, on constate un engouement nouveau pour les films courts d’une durée supérieure à 30 minutes. Ceci s’explique par la maturité du secteur du court métrage et l’envie des réalisateurs et des producteurs d’expérimenter d’autres possibilités tant dans la réalisation que dans la façon de produire des films.
Ces films permettent aux auteurs de déployer leur mise en scène, de travailler de manière plus personnelle la narration, d’approfondir leurs personnages et d’aborder de nouveaux sujets.
Il manquait à ces œuvres un lieu qui leur soit totalement dédié et qui scelle cette nouvelle rencontre entre professionnels et spectateurs, c’est l’objectif des Rencontres du moyen métrage de Brive.
Le cinéma français bat des records de production
par Nathaniel Herzberg
Le Monde, 19 mars 2009
Les bonnes nouvelles s’accumulent pour le cinéma français. Après l’excellent niveau de la fréquentation en salles et le nombre record des entrées à l’étranger, la production affiche à son tour une santé insolente. Le Centre national de la cinématographie (CNC) a annoncé, mercredi 18 mars, que 240 films français avaient été produits en 2008.
Chers associés,
J’aborde la dernière année de mon deuxième mandat avec le sentiment mitigé d’avoir souvent réagi, vitupéré, contesté, mais malheureusement de n’avoir pas pu changer en profondeur le mal qui nous frappe, comédiens, danseurs, artistes de variétés et de jazz, solistes, chefs d’orchestre, artistes lyriques.
Que faire pour que les pouvoirs publics comprennent enfin que, aumême titre que les agriculteurs, les buralistes ou les chauffeurs de taxi, les artistes sont aussi les victimes de la crise, carrément abandonnés et, pour certains d’entre eux, dans la précarité la plus sauvage et la plus effrayante.
L’étude que nous venons de faire sur les rémunérations des comédiens conclut que 50 % d’entre eux ne gagnent pas 8 000 euros par an de leur seule activité de comédien.
Pour la plupart des musiciens, c’est encore plus grave.
Les salaires qui baissent, les retraites peau de chagrin, le chômage qui augmente, le mépris, l’ignorance… « Oh, un artiste ça vit, ça se débrouille, ça peut même faire plusieurs petits boulots, ça va, ça vient… »
Eh bien, non. Un artiste, ça peut mourir dans la misère, dans les galères, dans le froid… sans paillettes, sans gloire et sans obtenir, comme certaines professions, des milliers d’euros pour calmer sa colère !
À vous tous, chers associés, pour qui cette année va être encore plus difficile que d’habitude, sachez que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir à l’Adami pour être encore plus proches de vous et des réalités.
Nous nous battrons toujours pour obtenir de nouveaux droits et pour que les droits acquis soient respectés et augmentés.
L’Adami s’engage à faire de 2009 une année solidaire.
Philippe Ogouz
Bonjour à tous,
comme vous le savez peut-être déjà, les étudiants de la Fémis se mobilisent depuis lundi pour faire évoluer un certain nombre de choses dans cette vénérable institution. Fait inédit, les quatre promotions ont décidé collectivement d'arrêter les activités de l'école pendant une semaine, pour mieux se connaître et réfléchir. Vous trouverez ci-dessous un texte qui résume assez bien notre démarche.
Dans ce cadre, nous vous invitons à nous rejoindre, pour participer à cet effort collectif de réinvention. Venez quand vous voulez d'ici à vendredi, l'école est ouverte. Elle est vivante.
Voici le texte :En marge du tournage de son dernier film, Inglorious Bastards, Quentin Tarantino a demandé que ses rushes soient projetés à la Fémis.
Demande simple à laquelle la Fémis a répondu par la négative, arguant qu’une telle projection bousculerait l’organisation de son planning. Quoi de plus paradoxal, pour une école de cinéma, que de refuser l’accès à ses locaux, la diffusion auprès de ses élèves, des éléments par lesquels un cinéaste tel que Quentin Tarantino élabore sa création ? Quoi de plus évident aussi, au regard de l’évolution des pratiques administratives au sein de ce cénacle conformiste, autocentré et régalien ?
C’est parce que nous sommes de plus en plus conscients des dégâts causés par une gestion en complet décalage avec le monde extérieur, et en premier lieu avec le monde du cinéma, que nous, élèves de la Fémis, avons décidé d’arrêter notre scolarité pendant une semaine pour envisager de l’intérieur, par ses acteurs, qu’ils soient élèves ou permanents, une rénovation de sa structure pédagogique.
Nous sommes dans une tour d’ivoire qui refuse de s’ouvrir au dehors. Contre l’argument qui voudrait qu’une école aussi privilégiée soit moralement tenue d’obéir aux structures d’Etat qui l’encadrent, contre l’idée reçue qui veut que parce que nous sommes privilégiés, nous n’avons pas à nous plaindre, nous répondrons que nous désirons avant tout remettre au centre la dynamique créative et donc légitimer d’autant plus les colossales dépenses publiques auxquelles notre école peut donner lieu. Du dedans, elle épuise ses élèves, compartimente ceux-ci en sections centrées sur elles-mêmes, dont les directeurs sont davantage tournés vers la réussite de la mécanique scolaire que vers l’émulation et la mise en valeur des projets proposés par les élèves.
Il ne s’agit évidemment pas pour nous d’articuler travail et qualité. Ce n’est pas à nous de juger de la qualité de notre travail. Ne sommes-nous pourtant pas en droit de demander qu’il soit jugé ? A trop démultiplier les exercices, à trop nous inciter à respecter les codes par lesquels un certain type de cinéma français a jusqu’à présent fonctionné, l’administration de notre école a pris le risque d’étouffer ce qui fait le fondement de notre art. Nous sommes devenus des « petits cons », comme l’a dit Jean-Marie Straub, parce que nous sommes encadrés d’une manière servile, obligés de nous limiter aux exercices qui nous sont imposés.
Cette organisation mécaniste de l’école, fruit de l’émergence d’une administration hiérarchique, qui ne consulte presque jamais ses élèves, induit de facto un décalage entre notre vie scolaire et notre future vie professionnelle. L’école, trop fermée sur ses enseignements, néglige de nous préparer aux difficultés que nous connaîtrons sans doute à sa sortie. Elle se veut le vivier du futur cinéma français, mais nous empêche non pas sciemment, mais indirectement, de penser celui-ci. Toute originalité est sanctionnée. Toute prise de risque est étouffée. L’école fonctionne sur des acquis du passé et refuse de se tourner vers le dehors : les travaux de ses élèves demeurent peu visibles, la faute notamment à une interface Internet quasi inexistante.
Cloisonnée, peu dynamique et fébrile, la Fémis peine de plus en plus, année après année, à faire émerger de nouveaux talents. D’aucuns diront que la faute en incombe avant tout à ses élèves. Mais quel est le sens, dans ce cas, de notre école ? C’est justement pour réfléchir à cela, pour suspendre temporairement la mécanique scolaire, pour en finir avec le jugement qui veut que nous nous considérions comme une élite, que nous avons décidé de former les « Etats Généraux de la Fémis ».
Cette crise de notre école, nous voulons évidemment l’inscrire dans la crise actuelle du cinéma français. La Fémis réfléchit le problème du cinéma lui-même, devenu autocentré, élitiste et sans originalité. Nous voulons, à notre niveau, contribuer à le repenser. Puisque nous rêvons de devenir les acteurs du cinéma de demain, nous commencerons par devenir les acteurs de notre école.
Notre école de fiction est devenue une école fictive.
Emparez-vous de toute forme de hors-champ, détournez la norme, mettez-vous à la marge, observez le monde, non d'en être au coeur, libres d'être corseté de ses préjugés, mais dans un survol au grand-angle, vous privant de zoomer.
Emparez-vous de la liberté d'inventer pour inventer la liberté.
Taillez une plume, greffez-lui l'oeil d'une caméra, une oreille qui ne soit qu'un orifice sans pavillon visible. Saisissez-vous de cette plume, écrivez, tracez en images sonores ce que vous pourriez vainement filmer en mots imagés, séducteurs et fallacieux. Faites, refaites le cinéma plutôt que "du cinéma".
N'ayez de Maîtres de filmer que vous-mêmes, non de maîtres à filmer qui ne soient que maîtres de ballet et ne le soient que de vouloir vous apprendre à bien valser un film.
Faites votre cinéma tout en marchant pas à pas, mâchonnant d'amers et tendres cailloux. Avancez, libres de toute discipline marchande.
Marcel Hanoun
...De son côté, Dailymotion semble moins touché par les conflits avec les ayants droit...